Le télétravail, miroir des inégalités hommes-femmes ?

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Le télétravail, miroir des inégalités hommes-femmes ?
Au temps de la Covid, le télétravail au service de l’égalité homme/femme ? Sur le plan de l’emploi, les hommes ont été plus affectés par les destructions d'emploi, les femmes ont été davantage concernées par les arrêts d'activité pour garde d'enfants, le chômage partiel ayant affecté les hommes légèrement plus que les femmes. En revanche, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le télétravail pénalise plus souvent les femmes.  

Les femmes sont moins bien équipées 

Selon une récente étude IPSOS-BCG du 19 février 2021, la crise affecterait plus durement les femmes salariées du privé, aggravant davantage les inégalités hommes-femmes au travail. Le télétravail « pénalise plus les femmes » car elles sont « moins nombreuses à disposer d’un espace isolé (62 % contre 71 % des hommes), et plus souvent interrompues (28 % contre 19 %) » . La charge mentale vient s’ajouter à cette « situation déjà déséquilibrée »

Les femmes sont plus exposées aux activités domestiques 

L’un des buts du développement du télétravail est qu’il ne renforce pas les inégalités professionnelles, au contraire, il doit contribuer à améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes. Il faut être particulièrement vigilant car les femmes sont souvent plus exposées aux risques liés à la conciliation des temps professionnels et personnels en lien avec leur implication importante dans les activités domestiques. Certes, les hommes « en font plus depuis la crise » : 46% effectuent davantage de tâches domestiques. Ils sont même plus nombreux que les femmes à accompagner ou récupérer leurs enfants (49% contre 44%) à l’école ou à la crèche. En revanche, en plus de leur emploi, les femmes continuent majoritairement à s’occuper des tâches domestiques (entretenir le linge, laver les sanitaires, passer l’aspirateur, préparer les repas, faire les courses, etc.). 

 

Enquête IPSOS BCG - Parité Homme-Femme

Les femmes culpabilisent plus ! 

Les situations de mal-être affectent également davantage les femmes que les hommes. Les femmes semblent être les premières à souffrir de la porosité entre la vie professionnelle et la vie familiale.  En effet, les femmes « culpabilisent plus de la situation » : elles sont ainsi 21% à regretter de ne « pas avoir suffisamment de temps » pour leurs enfants, contre 15 % des hommes. « La difficile conciliation vie pro – vie perso pèse davantage sur leur santé mentale : elles sont 1,3 fois plus susceptibles d’être en situation d’anxiété », indique Gwenhaël Le Boulay, directeur associé du BCG à Paris. En termes de santé publique, le bouleversement des modes de travail conduit à l'émergence de nouveaux risques psychosociaux qu'il convient de mieux prendre en compte dans les entreprises. 

Les inégalités hommes-femmes s’intensifient

Les tâches domestiques pèsent inexorablement sur la productivité. L’épidémie de coronavirus a permis d’identifier certaines failles du télétravail, alors que la crise liée à la pandémie de la Covid-19 a impacté tous les salariés. Le télétravail ne réduit pas les inégalités mais au contraire révèle un peu plus les inégalités au travail. La crise met en évidence la persistance voire l'aggravation de certains déséquilibres sociétaux (ex : tâches domestiques, garde des enfants…).  Ces résultats mettent ainsi en lumière des enjeux de société majeurs dont il faut se saisir. La situation est d’autant plus préoccupante que le « retour à la normale semblerait entraver davantage les femmes », indique l’enquête. Ainsi, 57% de celles qui ont réduit leurs horaires « appréhendent un retour aux horaires d’avant crise », contre 40% des hommes.
En définitive, le télétravail n’est pas le remède-miracle. Comme le souligne Hélène Périvier, économiste de Sciences-Po, « il n'y aura pas d'égalité professionnelle s'il n'y a pas d'égalité dans la famille ». Pour déconstruire les inégalités hommes-femmes, il faudrait d’abord décomplexer les hommes de quitter le bureau à 17h pour aller chercher leurs enfants et voir davantage de femmes à des postes à responsabilités.

Pour aller plus loin : 

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