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Véhicule de fonction : ce qu’il faut savoir avant de l’accepter ! 

Octroyer un véhicule à ses salariés fait partie de la politique de nombreuses entreprises mais le salarié se demande souvent ce qu’il peut ou ne peut pas faire avec le véhicule de son entreprise. Pour répondre aux nombreuses questions que les salariés se posent, Cadre Averti fait le point.

Peut-on utiliser le véhicule de la société pour ses loisirs ?  

Il faut distinguer deux types d’usage du véhicule qui sont généralement définis dans le contrat de travail ou par un avenant. Si la voiture de fonction et la voiture de société sont toutes deux fournies par l'entreprise à un salarié ou un dirigeant, elles présentent une différence significative : 
  • la voiture de société, aussi appelée voiture de service, ne peut être utilisée que dans le cadre de déplacements purement professionnels.  
  • la voiture de fonction peut être utilisée par le salarié dans le cadre de ses activités, de ses loisirs, et pour le trajet depuis le domicile jusqu'au lieu de travail. 

Quelle évaluation fiscale du véhicule de fonction ? 

Dans le cadre du véhicule de société, il n'y a pas d'avantage en nature, puisque le salarié restitue généralement le véhicule lors de chaque repos hebdomadaire et durant les périodes de congés. 
En revanche, la voiture de fonction est considérée par les services fiscaux comme un avantage en nature. Par conséquent, elle est à prendre en compte en termes de charges sociales, bulletin de salaire et déclaration d'impôts sur le revenu. L’employeur dispose alors de deux options pour évaluer l’avantage en nature :
  • soit sur la base des dépenses réellement engagées : par exemple dans le cas où il s’agit d’un véhicule loué ou en location avec option d’achat, les dépenses réelles comprennent le coût global annuel de la location, l’assurance, les frais d’entretien et les taxes. Selon l’Urssaf, la valeur de l’avantage en nature s’obtient en appliquant au total ainsi obtenu le rapport existant entre le kilométrage parcouru par le salarié pour son usage personnel et le kilométrage total, et en ajoutant, le cas échéant, les frais de carburant utilisés pour l’usage privé et payé par l’employeur.
  • soit sur la base d’un forfait annuel :  toujours selon l’Urssaf, l’avantage est alors égal à 9% du coût d’achat TTC (6 % si le véhicule a plus de cinq ans). Si l’employeur paie le carburant, cet avantage supplémentaire est porté à 12% du coût d’achat TTC (9% si le véhicule a plus de cinq ans).

Qui peut conduire la voiture de fonction ? 

Le véhicule de fonction peut être utilisé dans le cadre d’un usage privé « normal », soit par plusieurs conducteurs. En principe, il n’y a pas de restriction du point de vue de l’assurance concernant ces derniers, Il est même possible de faire de la conduite accompagnée. En revanche le contrat de travail peut limiter l’usage du véhicule notamment au conjoint. En cas d’accident, la prise en charge de la franchise est alors à la charge du salarié. En toutes hypothèses, le véhicule doit relever de l’usage privé, il n’est pas possible de sous-louer son véhicule par exemple. 

Peut-on utiliser blablacar avec sa voiture de fonction ?

Malheureusement pour la planète, la justice considère que non. En 2018, la Cour d’Appel de Rennes a donné raison à l'employeur d'un salarié qui contestait son licenciement pour avoir transporté des passagers grâce à l’application Blablacar avec sa voiture de fonction (CA Rennes, 8e chambre prud'homale, 31 août 2018 n°16/6462). La justice a estimé qu'il en avait tiré avantage à titre privé et que l'assurance du véhicule n'incluait pas ces passagers non déclarés. Toute la difficulté pour les entreprises est d'évaluer le risque routier et le risque pénal qui en découle. Même s'il avait reversé ses gains à des associations caritatives, le conducteur a ainsi bénéficié d'un crédit d'impôt, tirant, de fait, des gains privés indirects de l'usage d'une voiture de fonction dans le cadre de ses déplacements professionnels. La jurisprudence reste cependant incertaine notamment si le co-voiturage est effectué sans contre-partie par exemple à l’occasion de grèves ou de pics de pollution. 
Afin de dissiper les incertitudes concernant son usage, le salarié doit s’informer de façon précise des conditions dans lesquels il peut jouir du véhicule mis à sa disposition. 
 

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