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Intelligence artificielle, retraites… Bruno LEMAIRE annonce la disparition de la profession d’avocat !

Va-t-on comme le prédit Bruno LEMAIRE vers une justice totalement déshumanisée ou seuls les critères matériels sont pris en compte par une intelligence artificielle insensible aux notions du bien et du mal, de la bonne ou de la mauvaise foi, de la souffrance causée, bref tous les éléments subjectifs qui différencient l’homme de la machine ?

Un régime autofinancé !

Pour le Ministre des Finances interrogé sur FRANCE INTER le 2 décembre, rien ne s’oppose à ce que le gouvernement fasse main basse sur le régime autonome des retraites des avocats puisqu’il s’agit d’une profession vouée à disparaître !

Quand Léa SALAME fait observer que le régime fonctionne parfaitement « autofinancé, faibles cotisations, forte redistribution qui garantit 1.450 € de pension par mois pour tout avocat qui a fait une carrière pleine » et qu’« aujourd’hui, on leur demanderait de cotiser deux fois plus pour toucher 30% de moins ».

Bruno LEMAIRE répond :

« Il y a des métiers qui vont disparaître. Vous avez l’intelligence artificielle, vous avez l’accélération des transformations technologiques, donc tous ceux qui sont à l’équilibre dans leur système de retraite peuvent, d’ici 5 ou 10 ans, se retrouver en déséquilibre. »

Une justice de plus en plus pauvre 

Effectivement, tout est mis en place à l’heure actuelle pour réduire les frais de justice déjà beaucoup plus faibles en France que dans d’autres pays (64 € par an pour le contribuable français, 96 € pour le contribuable allemand)

Pour cela il a été décidé de rendre l’accès à la justice difficile et hasardeux. C’est ce que dénoncent les magistrats des Cours d’appel eux-mêmes dans le rapport de l’inspection générale de la justice de juillet 2019. Selon leurs propos recueillis par la mission, « ces réformes ont des visées essentiellement gestionnaires qui mettent en place des chausse-trappes pour les plaideurs avant d’accéder à l’audience de plaidoirie, la question de la qualité de la justice et de l’accès au juge apparaissant secondaires ».

La barémisation en droit du travail

Sur le plan du droit social la réforme de la procédure prud’homale (loi MACRON du 6 août 2015) qui rend beaucoup plus difficile et complexe l’accès au Juge du travail, couplé avec le barème MACRON résultant des ordonnances travail de septembre 2017, ont eu un effet dévastateur sur le nombre des saisines judiciaires.

Rappelons le principe du barème MACRON. Le salarié victime d’un licenciement reconnu abusif par le juge prud’homal n’est plus indemnisé en fonction de son préjudice, il l’est selon une grille fixée en fonction de son ancienneté. Ainsi un salarié n’ayant que deux ans d’ancienneté mais à qui son licenciement reconnu abusif cause un préjudice important souvent parce qu’il est âgé et dans l’impossibilité de retrouver un autre emploi (voir article le sacrifice des quinquas), obtiendra des dommages et intérêts qui ne seront pas inférieurs à trois mois de salaire mais qui ne pourront pas excéder 3,5 mois de salaire !

La France contre les robots 

On ne voit pas l’intérêt, s’il est uniquement question désormais d’appliquer une grille « tarifaire » de conserver des conseillers prud’homaux et des magistrats professionnels des Cours d’appel Sociales dont le pouvoir juridictionnel est complètement rogné.

Des robots à l’intelligence artificielle feraient aussi bien l’affaire et les propos de Monsieur LEMAIRE semblent aller dans ce sens. S’il n’y a plus de magistrats les avocats sont également voués à disparaître et la mainmise sur leur caisse de retraite n’est qu’une anticipation.

Lors de sa parution, il y a 70 ans, l’ouvrage de Georges BERNANOS « La France contre les robots » relevait de la Science-Fiction. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Finalement, de quelle justice voulons-nous ? En aucun cas le déploiement de l’intelligence artificielle dans le monde de la justice ne doit avoir pour effet de supprimer, pour des raisons budgétaires, les magistrats, et par voie de conséquence, les avocats. Elle doit rester un outil qui ne remplace pas l’intelligence humaine mais qui reste à son service.

Françoise de Saint Sernin

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