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Rester au bureau en cas de maladie : une pratique française néfaste !

Avec la crise, les salariés pourraient être plus enclins à venir travailler même en étant diminués physiquement ou psychiquement. Selon une étude statistique publiée en août 2020 par le Ministère du travail, le présentéisme en cas de maladie serait beaucoup plus important en France que dans les autres pays. Cette pratique aggrave pourtant les problèmes de santé des salariés et augmente, à moyen et long terme, le nombre des absences pour raisons de santé.

Le présentésime est particulièrement important en France ! 

La présentésime désigne la présence au travail d’un salarié en contradiction avec son état de santé. Les salariés, inquiets de perdre leur emploi, se surinvestissent professionnellement, avec des horaires à rallonge qui provoquent un état d'épuisement émotionnel et une moindre productivité. Le coût du présentéisme serait ainsi deux fois plus élevé que celui de l'absentéisme pour les entreprises. Parmi les pays européens, la France est particulièrement touchée par ce phénomène. Selon l’enquête de la Darès (organisme statistique du ministère du travail), 62 % des salariés en France ont fait au moins 1 jour de présentéisme au cours de l’année, contre 42 % des salariés dans l’ensemble de l’Union européenne. 

Qui sont les salariés les plus enclins au présentéisme ? 

Le nombre de jours de présentéisme est plus élevé pour les femmes, et plus particulièrement celles ayant plus de 50 ans, ainsi que les salariés exposés à de mauvaises conditions de travail. Lorsque les salariés ne signalent qu’un ou deux jours de maladie dans l’année, ils passent 83 % de ces jours au travail. La propension au présentéisme est plus importante pour les salariés âgés de plus de 60 ans (+10,2 points par rapport aux salariés de moins de 30 ans) et pour celles et ceux travaillant dans de petits établissements (+6,6 points dans les établissements de moins de 10 salariés relativement à ceux de 10 salariés ou plus). La propension au présentéisme est moins élevée pour les hommes (-3,4 points par rapport aux femmes). Les cadres qui n’encadrent pas d’autres salariés ont également tendance à faire du présentéisme (+4,6 points par rapport à la moyenne des professions intermédiaires).

Quels sont les facteurs qui accroissent le présentéisme en cas de maladie ? 

Les causes de l’absentéisme et du « présentéisme » sont liées à l’équilibre de vie de chaque individu et la qualité de vie dans l’entreprise au travail. Les salariés cumulant des contraintes de rythme de travail (travail normé, suivi informatisé, procédures qualité, etc.) ont ainsi une plus forte propension au présentéisme (+6,9 points relativement à ceux dont le travail est peu intense), ainsi que ceux qui vivent une forte pression temporelle (être obligé de se dépêcher, devoir penser à trop de choses à la fois, etc.) (+6,1 points). L’intensité émotionnelle joue aussi sur le présentéisme : le fait de « devoir calmer des gens » ou « être en contact avec des personnes en situation de détresse » – est associé à une propension au présentéisme plus élevée (+5 points). Les salariés qui vivent des difficultés relationnelles avec leurs supérieurs font davantage de présentéisme. 

Comment diminuer le présentéisme ? 

Nous l’avons vu certains facteurs de l’organisation de travail augmentent le présentéisme comme par exemple : faire de la présence au bureau un marqueur d’engagement, être une femme ou pratiquer un métier de soin aux personnes… Au contraire, une plus grande latitude décisionnelle, la possibilité d’être remplacé(e) par un(e) collègue, une attention organisationnelle à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, la reconnaissance du travail (y compris financière), le fait d’être conscient(e) du risque que représente le présentéisme (pour soi et pour les collègues) sont autant de facteurs qui diminuent la propension au présentéisme. En clair, il faut déculpabiliser les salariés absents. Mieux vaut prévenir que guérir !

Pour en savoir plus 

Rester au bureau en cas de maladie : une pratique française néfaste !

Françoise de Saint sernin

Avocate en droit du travail, a crée et anime le site Cadre Averti

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SCP Saint Sernin - 156, avenue Victor-Hugo - 75116 Paris
Tél : 01 40 67 95 93
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A propos de Cadre Averti

Conçu par Françoise de Saint Sernin, avocate spécialisée dans la défense des intérêts des cadres et dirigeants au sein du cabinet saintsernin-avocats.fr, Cadre Averti a pour ambition de répondre aux premières interrogations de salariés confrontés à un aléa de carrière. Ce site propose ainsi un grand nombre de fiches techniques permettant immédiatement de comprendre les enjeux d’un dossier et de se repérer dans le maquis des textes.

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